Courrier à Michèle Picard, maire de Vénissieux, concernant un logement d’urgence, 20 janvier 2012 + réponse, 7 février 12

7 octobre 2012   //

 

Notre courrier

le  20-01-2012

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Mme Michèle Picard
Maire de Vénissieux

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objet : logement d’urgence

 

Madame le maire,

Très attentif au problème des violences conjugales, le bureau de notre association a pris connaissance avec intérêt d’une information parue dans le journal municipal Expressions du 18 janvier 2011, selon laquelle la ville de Vénissieux a rénové un logement qu’elle met à la disposition des victimes en situation d’urgence.

Nous sommes cependant surpris que, selon les termes de l’article, ce logement soit destiné exclusivement à des « femmes victimes ». Mais peut-être s’agit-il d’une approximation journalistique.

Nous nous permettons donc de vous demander les éclaircissements suivants :

1) le logement d’urgence est-il effectivement réservé aux victimes de sexe féminin ?

2) si tel est le cas, et si donc les victimes de sexe masculin en sont exclues, cela ne relève-t-il pas d’une discrimination fondée sur le sexe (alors que les travaux de l’ONDRP démontrent depuis 2007 que ces victimes sont nombreuses) ?

Si cela peut aider à notre compréhension du problème, nous sommes tout à fait disposés à vous rencontrer.

 

La réponse de Michèle Picard

 

Michèle Picard
Maire de Vénissieux

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Le 7 février 12

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Monsieur,

Vous m’interrogez sur le logement d’urgence mis à disposition des femmes victimes de violence sur Vénissieux.

Depuis plusieurs années, la ville de Vénissieux s’est engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Ce logement d’urgence est le fruit d’un travail partenarial de diagnostic conduit avec l’association Femmes Information Liaison (FIL), qui accueille les femmes victimes de violence, et le commissariat de Vénissieux.

Dans notre ville, toutes les personnes victimes ont la possibilité d’être reçues par une coordinatrice sociale travaillant au commissariat de Vénissieux. Notre collectivité finance en partie ce poste.

En 2012, la coordinatrice a dénombré 197 faits de violence conjugale, familiale et d’agressions sexuelles. Les victimes étaient 182 femmes et 24 hommes.

Il ne s’agit pas de nier les violences faites aux hommes, mais bien de reconnaître que les femmes sont les plus touchées par ces violences.

Sur Vénissieux, nous travaillons également auprès de notre jeunesse dans les lycées, collèges, au sein de nos équipements polyvalents jeunes sur les notions de respect entre filles et garçons.

Toutes ces actions démontrent le volontarisme politique de notre ville sur cette question des droits humains.

La véritable problématique est bien la pénurie d’hébergement d’urgence sur l’agglomération, afin de répondre aux nombreuses sollicitations et mettre à l’abri toutes les victimes de violence, qu’elles soient femmes ou hommes. Ainsi la Maison de Veille sociale fait état, pour les violences conjugales de 45 demandes pour deux places disponibles.

En espérant que ces éléments vous feront mieux appréhender l’action de la ville en faveur de ses administrés.

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Notre commentaire

 

Négation du principe de l’égalité républicaine dans le domaine de l’accès à un service public, censé être indépendant du sexe. La discrimination est clairement revendiquée.

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