Communiqué concernant le « Plan (…) contre les violences faites aux femmes » – 16 avril 2011

22 avril 2011   //

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Le 16 avril 2011

 

Communiqué concernant le « Plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes »

présenté par Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, le 13 avril 2011


http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_de_lutte_contre_les_violences_2011-2013.pdf


Le GES (Groupe d’études sur les sexismes) constate que le nouveau Plan, quoiqu’impliquant cinq ministères et s’élargissant à de nouveaux types de violence, se situe dans l’exact prolongement des précédents (2005, 2008), à savoir qu’il s’agit d’un plan discriminatoire et sexiste.

Comme les précédents, il est discriminatoire à deux titres :

- comme formulé dans l’intitulé et précisé à de nombreuses reprises dans le texte, les mesures de prévention et d’aide ne s’appliquent qu’aux victimes féminines des violences, alors que ces violences font également des victimes parmi les hommes.

- il ignore totalement certaines violences dont les victimes sont quasi-exclusivement masculines, comme les fausses accusations d’abus sexuel ou les paternités imposées.

De ce fait, il véhicule implicitement une conception sexiste : si seules les femmes sont violentées, seuls les hommes sont auteurs ou complices des violences, ce qui revient à affirmer leur infériorité morale.

Le Ges prend acte du fait que ses nombreuses interventions auprès de la Halde ou du Ministère des Solidarités (auquel a été communiqué le Manifeste pour la désexuation des politiques de lutte contre les violences) n’ont en rien modifié le parti-pris des pouvoirs publics en la matière, qui est celui de la misandrie.

Néanmoins, il continuera d’œuvrer avec détermination en faveur de la désexuation des politiques de lutte contre les violences, c’est-à-dire en faveur de l’égalité en dignité et en droit de toutes les victimes indépendamment de leur sexe.