Election présidentielle 2012 : questionnaire aux candidats + réponses + prise de position

28 juin 2012   //

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Questionnaire aux candidats à l’élection présidentielle 2012

Le questionnaire a été envoyé avant le dépôt des signatures, à une vingtaine de candidats déclarés, indépendamment de leurs chances de pouvoir participer à l’élection.

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 Le 16 décembre 2011

Madame, monsieur le candidat à l’élection présidentielle,

Notre association, plus spécialement soucieuse des problèmes de discrimination, a élaboré, en vue de l’élection, un questionnaire que nous nous permettons de vous soumettre.

Nous vous remercions de nous le retourner au plus tôt, afin que nous puissions informer nos adhérents et sympathisants de vos positionnements.

Dans l’attente de vous lire, nous vous prions d’agréer, monsieur, nos sentiments respectueux.


QUESTIONNAIRE DU GROUPE D’ETUDES SUR LES SEXISMES (GES)

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1. SERVICE DU DROIT DES FEMMES ET DE L’EGALITE (SDFE)

Depuis 2000, le Service pour les droits des femmes et de l’égalité (SDFE) est le principal organisme public qui apporte sa contribution à différents ministères, en matière de lutte contre les discriminations sexuées, les stéréotypes sexués, les violences, etc. Or, comme l’indique son intitulé, son champ de travail est limité aux problèmes rencontrés par les femmes, ce qui, à notre époque, est à la fois désuet et discriminatoire.

Êtes-vous favorable, soit à la création de nouveaux organismes spécialisés dans les problèmes rencontrés par les hommes ; soit à l’extension du champ de travail du SDFE aux problèmes rencontrés par les hommes, ce qui impliquerait de modifier son intitulé ?

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2. CAMPAGNES ET LOIS CONTRE LES VIOLENCES DOMESTIQUES

Depuis des années, toutes les campagnes de prévention des violences domestiques prennent en compte exclusivement les victimes de sexe féminin. Ainsi, en 2010, la Grande cause nationale était consacrée à La lutte contre les violences contre les femmes ; en 2011 le Ministère des Solidarités a lancé un Plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes. De même la Loi relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants du 9 juillet 2010 comporte plusieurs articles (par exemple le 24 et le 29) réservant certaines mesures préventives aux femmes. Ceci est évidemment contraire au principe d’égalité des droits entre tous les citoyens.

Pouvez-vous vous engager à ce qu’à l’avenir les campagnes et les lois concernant les violences domestiques soient rigoureusement désexuées, c’est-à-dire qu’elles s’appliquent à toutes les personnes victimes indépendamment de leur sexe ?

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3. RÉSIDENCE ALTERNÉE

Dans les situations de séparation et de divorce, le mode de garde des enfants dit de « résidence alternée », instauré en 2002, est le seul qui assure à ceux-ci un temps de vie égal avec leurs deux parents. De nombreux pères en font la demande. Pourtant, peu de juges aux affaires familiales leur donnent satisfaction, en général du fait de l’opposition de la mère. Nous considérons qu’il n’est pas normal que l’intérêt de l’enfant soit sacrifié au désir d’appropriation de l’un des parents.

Êtes-vous favorable à une modification de la loi, de telle sorte que la résidence alternée soit définie comme le mode de garde par défaut, et donc que sa possibilité soit examinée prioritairement par rapport à celle des autres modes de garde ?

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4. CONGÉ PATERNITÉ

De nombreux pères souhaitent s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants, et ce dès leur plus jeune âge. L’actuel congé de paternité leur accorde onze jours, lesquels s’ajoutent aux trois jours du « congé de naissance ». Cette durée n’a pas été augmentée depuis dix ans et se situe nettement en-dessous de celle pratiquée dans d’autres pays européens.

Êtes-vous favorable à un allongement du congé paternité, et si c’est le cas dans quelles proportions ?

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5. FAUSSES ACCUSATIONS D’ABUS SEXUELS

Le développement de la lutte contre tous les types d’abus sexuels est une grande avancée des vingt dernières années. Malheureusement, un autre type de violence s’est parallèlement développé, qui consiste à accuser faussement des personnes d’avoir commis ces mêmes abus. Les fausses accusations prospèrent dans divers contextes (divorces conflictuels, Éducation nationale) et peuvent avoir de nombreuses motivations (discrédit jeté sur le conjoint, vengeance d’élève, pathologies diverses). Elles ont des conséquences dramatiques pour les accusés, alors que les accusateurs restent généralement impunis. La Justice gère difficilement ce genre d’affaires qui se résume à une parole contre une autre. De son propre aveu, elle a commis un certain nombre d’erreurs (affaire d’Outreau) et, malgré les réformes engagées à la suite de celle-ci, est toujours confrontée à des dysfonctionnements (affaires Madeira, Secher, Iacono, etc.).

Êtes-vous favorable à une réforme du fonctionnement policier et judiciaire de manière à ce que soient mieux détectées et sanctionnées les fausses accusations d’abus sexuel ?

 

Réponse de Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, le 1 février 2012

 

C’est avec retard que je réponds à votre lettre du 16 décembre 2011 et je vous prie de m’excuser car mon emploi du temps m’a laissé peu de disponibilité.

Je fais mienne certaines de vos propositions, en particulier celles qui concernent la résidence alternée ou l’allongement du congé paternité.

Par contre, tout en reconnaissant que des hommes sont aussi victimes d’actes de violence dans le couple, je rappelle que cette violence touche très majoritairement les femmes : une femme décède tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint. Je crois donc que gommer cette réalité au nom de l’égalité des sexes, reviendrait à banaliser la situation dramatique des femmes battues. Je ne pense pas que ce soit votre objectif.

Quant aux fausses accusations d’abus sexuels et aux erreurs judiciaires auxquelles elles ont donné lieu (ceux d’Outreau en particulier), je ne sais pas si une réforme du fonctionnement policier et judiciaire aurait réglé la question.

Si l’arbitraire de la police et de la justice ont été dénoncés, c’est de l’extérieur, par les comités de soutien et de la presse ultérieurement. En effet, une partie des juges et des policiers manifestent mépris, dureté ou indifférence vis-à-vis des milieux populaires. Dans le domaine des questions de droit commun comme dans les questions sociales.

Recevez, Monsieur, l’expression de ma sincère solidarité.

Nathalie ARTHAUD

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Réponse d’un adjoint de Jacques Cheminade, candidat du Parti ouvrier européen, par courriel, le 13 février 2012

 

J’ai présenté vos questions ce matin à Jacques Cheminade qui vous répond :

–Sur le point 1, c’est OUI

–Sur le point 2, c’est OUI

–Sur le point 3, c’est OUI « à condition que soit préparé un projet de vie commun et cohérent pour l’enfant. »

–Sur le point 4, c’est OUI ; « 4 semaines ; plus un complément de libre choix d’activité (CLCA) ensuite d’au moins 6 mois avec en contrepartie une fixation de l’allocation financière à 60% du salaire brut antérieur ».

Je vous remets ce qui figure dans le chapitre consacré à ce sujet dans son programme officiel :

http://www.cheminade2012.fr/Une-politique-d-epanouissement-familial-et-de-lutte-contre-le-sexisme_00463

III – Créer un véritable dispositif de congé paternité

Actuellement, le congé de maternité est de seize semaines pour la mère et le congé de paternité de onze jours indemnisés par la Sécurité sociale. Le Complément de libre choix d’activité (CLCA) est versé aux parents qui décident de ne pas travailler ou de travailler à temps partiel jusqu’à que leur premier enfant atteigne l’âge de six mois ou de trois ans pour les suivants. Ce complément est insuffisant, et seulement 4 % des allocataires sont aujourd’hui des pères.

Dans notre pays, un père qui travaille consacre deux à trois fois moins de temps aux activités domestiques que sa femme et passe à peine 26 minutes par jour avec ses enfants, alors qu’une mère qui travaille leur accorde 62 minutes.

C’est tout le système qu’il faut revoir, en fonction de deux objectifs :

  • la prise de congé par les pères qui, comme le montrent les exemples des pays du nord de l’Europe, a un impact fort, par la suite, sur la redistribution des tâches domestiques et parentales et l’identité sociale de l’enfant ;
  • l’égalité professionnelle et sociale entre les hommes et les femmes, favorisée par le meilleur partage des tâches domestiques et parentales.

Je soutiens les mesures proposées par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) visant ce double objectif :

  • huit semaines de congé d’accueil de l’enfant, à partager également entre les deux parents, sans possibilité de transfert, venant après un congé de maternité ramené de 16 à 12 semaines (la somme des 4 semaines du nouveau congé et des 12 semaines au titre du congé maternité raccourci sera égale aux 16 semaines du congé maternité actuel) ;
  • Le CLCA serait maintenu à 6 mois pour le premier enfant mais réduit à un an pour chacun des suivants, avec en contrepartie une fixation de l’allocation financière à 60 % du salaire brut antérieur. Le but est de le rendre plus attractif pour les pères, qui auront en outre la possibilité de recourir aux nouvelles solutions de garde, et d’éviter un éloignement trop prolongé du travail pour les mères.

–Sur le point 5 : « OUI, en augmentant en même temps les moyens de fonctionnement de la justice »

Expliqué dans ce chapitre

http://www.cheminade2012.fr/Pour-un-pouvoir-judiciaire-citoyen_00454

Vous voyez que Cheminade confirme 5 sur 5 !

Cordialement

Karel VEREYCKEN

 

Communiqué


Le 16 avril 2012

 

Communiqué concernant l’élection présidentielle

 

Suite à l’envoi de son questionnaire aux candidats à l’élection présidentielle, le Ges n’a reçu que deux réponses, ce qui en dit long sur l’indifférence de la classe  politique aux problèmes de la condition masculine.

Après examen minutieux des programmes, nous nous réjouissons de constater que plusieurs candidats prônent une extension du congé de paternité.

Hormis ce point, nous constatons que les candidats ignorent totalement les injustices faites aux hommes. Aucun ne propose la résidence alternée par défaut. Aucun ne propose des mesures pour lutter contre des discriminations majeures : mise à l’écart des pères divorcés, non-prise en compte des victimes masculines dans les programmes d’action contre les violences, complaisance de la Justice à l’égard des fausses accusations de violences physiques ou sexuelles, etc.

De ce fait, le Ges ne donne aucune consigne de vote. Plus que jamais, il se sent conforté dans l’objectif qu’il s’est fixé de produire de l’information sur toutes les formes de sexisme, en particulier celles qui ne sont pas prises en compte par la classe politique.